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Voitures radar privées : qui les conduit, où elles roulent et ce qu’elles contrôlent

Voitures radar privées en France : conduite externalisée à des prestataires, huit régions, validation par un officier de police judiciaire, sanctions et loi.

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Une voiture radar privée est un véhicule de l’État, équipé d’un radar embarqué, dont la conduite est confiée à une entreprise : le ministère de l’Intérieur parle de conduite externalisée. Elle concerne huit régions métropolitaines. Le véhicule reste la propriété de l’État, les trajets et les horaires sont fixés par les préfets, et seul le constat de l’infraction est automatisé : un officier de police judiciaire la valide. Voici qui conduit, où ces voitures roulent, ce qu’elles contrôlent et ce que dit la loi sur les avertisseurs.

Comment fonctionne la conduite externalisée

La mesure vient du comité interministériel de la sécurité routière du 2 octobre 2015 : augmenter l’utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés, « en confiant leur mise en œuvre à des prestataires agréés, sous étroit contrôle de l’État ». Une expérimentation a eu lieu en Normandie, où un premier marché a été notifié le 24 novembre 2017 ; le ministère de l’Intérieur date le lancement de la mesure du 20 avril 2018.

Selon le ministère de l’Intérieur, ces voitures disposent d’équipements qui lisent les panneaux de limitation de vitesse, ce qui permet au radar de fonctionner de manière autonome, sans intervention du conducteur. Dans une réponse au Sénat de 2021, il explique que ce véhicule est géolocalisé, ce qui calibre automatiquement la vitesse maximale autorisée et permet de n’employer qu’une personne, là où une voiture de gendarmes ou de policiers en tenue demande un conducteur et un opérateur qui ajuste en temps réel la vitesse autorisée d’après les panneaux.

Le ministre de l’Intérieur ajoute, dans une réponse publiée le 27 mars 2018, que ni le chauffeur ni la société ne connaissent le moment ni la nature des infractions transmises, que l’entreprise reçoit une rétribution fixe et qu’il lui est interdit de rouler anormalement lentement pour inciter à l’excès de vitesse, sous peine de 1 000 € par jour et par véhicule.

Qui valide l’infraction

Seul le constat est automatisé. La validation de l’infraction et l’établissement du procès-verbal restent de la compétence d’un officier de police judiciaire, sous le contrôle du parquet du tribunal judiciaire de Rennes, d’après le ministère de l’Intérieur. Le Conseil d’État, dans sa décision du 8 juillet 2019 (n° 419367 et 424410) rapportée par le ministère, a rejeté le recours d’une association contre cette externalisation : les missions confiées aux prestataires consistent selon lui en tâches matérielles et ne visent pas à rassembler les preuves d’infractions ni à en rechercher les auteurs.

Où roulent les voitures radar privées

Le ministère de l’Intérieur cite huit régions : Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Hauts-de-France. Les cinq autres régions métropolitaines font l’objet de contrôles par des voitures radar conduites par un policier ou un gendarme ; dans une note sur les relevés de 2022, le ministère précise que le réseau routier d’Île-de-France n’est pas contrôlé par des voitures à conduite externalisée. Les trajets et les plages horaires sont fixés par les préfets d’après l’accidentalité locale. Le ministère publie aussi, sur data.gouv.fr, des relevés de vitesse de ces voitures (vitesse pratiquée, limite, date, heure et lieu) ; la dernière mise à jour date du 13 janvier 2026, et ce sont des statistiques, pas un planning des contrôles à venir.

Combien de voitures radar, privées et publiques

Le dernier décompte officiel lu le 11 octobre 2026 remonte à 2019. Au 1er août 2019, le parc comptait 409 voitures radar, dont 383 conduites par des policiers ou des gendarmes et 26 à conduite externalisée en Normandie. Selon le ministère de l’Intérieur, ces 26 voitures, soit 6,36 % du parc, réalisaient un tiers des heures de contrôle en juillet 2019.

Aucune page officielle lue le 11 octobre 2026 ne donne le nombre actuel de voitures radar privées. L’ANTAI compte 210 « radars mobiles » au 1er janvier 2025, une catégorie qui regroupe les radars débarquables des forces de l’ordre et les voitures banalisées avec radars embarqués.

Ce qu’elles contrôlent et ce que cela coûte

Selon le ministère de l’Intérieur, une voiture radar à conduite externalisée relève la vitesse de tous les véhicules croisés ou dépassés, et les vitesses qu’il publie intègrent la marge technique de l’équipement ; les pages officielles lues ne chiffrent pas cette marge. Dans sa réponse au Sénat de 2021, le ministère parle d’« ETM externalisé (en réalité un autre type de véhicule) », par opposition aux équipements de terrain mobiles confiés aux forces de l’ordre. L’ANTAI décrit ce radar mobile de nouvelle génération des gendarmes et des policiers en uniforme (flash infrarouge, marge de 10 km/h ou 10 %), mais rien dans les pages officielles lues ne permet d’appliquer ces chiffres aux voitures privées.

L’infraction relevée est un excès de vitesse comme un autre : montants dans notre guide de l’amende pour excès de vitesse, points et peines dans celui sur l’excès de vitesse. Pour les autres types de radars, voyez notre guide du radar en France et celui sur le radar tourelle.

Voitures radar et avertisseurs : ce que dit la loi

L’article R413-15 du Code de la route punit de l’amende de 5e classe, de la saisie et de six points le fait de détenir, transporter ou utiliser un appareil capable de déceler les appareils servant à constater les infractions ; son paragraphe V vise aussi les dispositifs qui avertissent ou informent de leur localisation. L’article ne fait pas de différence entre radars fixes et mobiles, et il ne parle pas de zones dangereuses. Cette notion vient d’un accord de 2011 : selon la réponse du Gouvernement au Sénat du 14 juin 2011, le ministre de l’Intérieur a convenu avec les professionnels du secteur que leurs appareils fonctionneraient « non plus comme des avertisseurs de radars fixes, mais bien comme des aides à la conduite pour signaler les zones dangereuses et accidentogènes ».

BlitzBuddy indique en France la position exacte des radars fixes : activer ces alertes relève de votre seule responsabilité. Ceci est un résumé, pas un conseil juridique, et la signalisation sur la route prime toujours sur l’app. BlitzBuddy est gratuit, sans publicité ni abonnement. L’app est disponible sur iPhone ; la version Android arrive bientôt. Tous nos guides sont dans la rubrique Radars en France.

Sources

Sources consultées le 11 octobre 2026.

Questions fréquentes

Les voitures radar privées sont-elles conduites par des policiers ?

Non. Dans huit régions, des prestataires conduisent des véhicules qui restent la propriété de l’État, sur des trajets et des plages horaires fixés par les préfets. Dans les cinq autres régions métropolitaines, ce sont des policiers ou des gendarmes.

Une entreprise privée peut-elle verbaliser ?

Non. Seul le constat de l’infraction est automatisé ; sa validation et l’établissement du procès-verbal relèvent d’un officier de police judiciaire, sous le contrôle du parquet du tribunal judiciaire de Rennes, selon le ministère de l’Intérieur.

Dans quelles régions roulent-elles ?

Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Hauts-de-France, selon le ministère de l’Intérieur. Les cinq autres régions métropolitaines, dont l’Île-de-France, sont contrôlées par des voitures radar conduites par un policier ou un gendarme.

Une voiture radar privée est-elle signalée ?

L’ANTAI indique que les radars mobiles ne sont pas signalés sur la route. Les pages officielles lues ne donnent ni leurs trajets à l’avance ni leurs horaires.

Votre vitesse en grand à côté de la limitation, avec un bip si vous la dépassez.
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